Réforme du lycée : les matières scientifiques dominent toujours

Si la rentrée 2019 était la première rentrée du nouveau lycée, où les lycéens ont dû choisir une « triplette » d’enseignements qu'ils souhaitaient suivre comme spécialités en première, la rentrée 2020 a fait place à un nouveau choix pour eux : en garder plus que deux en Terminale pour créer une « doublette ».

Deux ans après les premiers choix d'enseignements de spécialités, la Depp, le service statistiques du ministère de l’Education nationale, a publié les données officielles sur les choix des spécialités des lycéens. 

Résultat : les matières scientifiques dominent toujours, notamment chez les élèves d’origine sociale favorisée.

Les matières scientifiques plébiscitées

L'ombre de l'ancienne filière S plane toujours chez les lycéens... 

La doublette la plus fréquente en terminale est la très classique mathématiques, physique-chimie, issue pour moitié de la triplette mathématiques, physique-chimie, SVT.

C'est d'ailleurs la doublette avec la plus importante surreprésentation d’élèves d’origine sociale très favorisée. Ainsi, 68 % d’entre eux font des mathématiques en terminale (soit en enseignement de spécialité, soit en enseignement optionnel) contre 50 % des élèves d’origine sociale défavorisée. 

La 2ème doublette la plus fréquente est “histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP), SES” où 4 élèves sur 10 choisissaient les mathématiques en troisième enseignement de spécialité en première. 

"Les mathématiques sont conservées en enseignement de spécialité par 60 % des élèves, principalement par les garçons et les élèves d’origine sociale très favorisée".

Globalement une grande variété de triplettes conduit à une même doublette, et inversement, les élèves d’une même triplette se dirigent vers l’ensemble des doublettes possibles.

  

 

Des inégalités qui persistent

Les inégalités sociales et de genre persistent. 

Les choix des spécialités sont marquées par les les stéréotypes de genre : "Les différences entre les choix des filles et ceux des garçons sont essentiellement liées au choix des enseignements de spécialité "sciences de l’ingénieur" et "numérique, sciences informatiques" en première pour les garçons et des SVT pour les filles.

En effet entre la première et la terminale, elles sont 50% à abandonner les maths, contre 30% des garçons, et 35% des élèves d’origine sociale très favorisée, contre 46% de ceux d’origine défavorisée.

Les filles "sont surreprésentées (plus de 75 %) dans les combinaisons  HGGSP, humanités littérature philo, SES / humanités littérature philo, SES, langues-littérature, mathématiques, SVT / langues-littérature, SVT  ainsi que dans les combinaisons issues des triplettes  humanités littérature philo, langues, SES  et  HGGSP, humanités littérature philo, langues". 

Les élèves d'origine sociale défavorisée se retrouvent également davantage dans les combinaisons "plus rares et plus littéraires".

Ils sont surreprésentés (plus de 28 %) dans les combinaisons HGGSP, humanités littérature philo, SES / humanités littérature philo, SES, mathématiques, physique-chimie, sciences de l’ingénieur / physique-chimie, sciences de l’ingénieur, HGGSP, SVT, SES / SVT, SES  et de façon générale dans les combinaisons les plus rares et les combinaisons incluant l’enseignement de spécialité.

  


Source : La Note Depp

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Monica LR

Monica LR

Animatrice de communautés et rédactrice web.
"Il ne suffit pas de parler, il faut parler juste." (W. Shakespeare)

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