Langues étrangères : les élèves français progressent mais peuvent mieux faire

Non, les élèves français ne sont pas si mauvais en langues étrangères ! Ils sont même plutôt bons à l'écrit, mais là où le bât blesse c'est à l’oral.

En effet, selon une étude du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) publiée jeudi 11 avril, les élèves français ont fortement progressé à l’écrit et ont globalement de “bons résultats”.

En anglais, un tiers des élèves (32%) rencontrent des difficultés de compréhension écrite, alors qu’ils étaient près d’un sur deux en 2010.

En compréhension orale, le niveau s'améliore également, même si quatre élèves sur dix rencontrent encore des difficultés. En fin de collège, 75% n'arrivent pas bien à se faire comprendre en anglais ; il sont 73% en espagnol et 62% en allemand.

Des résultats inférieurs à ceux de leurs camarades européens 

Ces progrès s'expliquent par une place croissante de l'anglais dans leur quotidien, via la musique, les séries, les films, internet, les jeux vidéos et les voyages. Ils apprennent la langue sans en avoir l'air !

En effet, 91 % des élèves de troisième déclarent très souvent entendre l'anglais à travers la musique qu’ils écoutent.... Et ils sont trois fois plus nombreux qu’en 2004 (17%) à regarder chaque semaine des versions originales de films ou séries non sous-titrées. 

À l’international, les résultats des élèves français sont toute de même très nettement inférieurs à ceux de leurs camarades européens, même si la France rattrape son retard petit à petit.

Parmi les pays qui réussissent le mieux, se distinguent plus particulièrement, outre la Suède et les Pays-Bas, des pays d’Europe centrale comme la Hongrie. Ces pays font partie de ceux ayant débuté le plus tôt l’enseignement des langues au primaire (dans les années 1960 et 1970) contrairement à la France qui a été l'un des derniers pays européens à le faire, au début des années 2000.

La solution ? un renforcement de l’enseignement des langues étrangères dès le primaire 

Les recommandations du Cnesco pour améliorer l'apprentissage des langues étrangères sont construites autour de 4 axes : 

- la progressivité des apprentissages, du primaire à la fin du lycée : travailler sur l’oral de manière progressive (la musicalité en maternelle, l’écoute dès le CP, l’expression dès le CE2, les stratégies de compréhension au collège et lycée), guider les élèves vers l’autonomie en s’appuyant sur les outils numériques, créer des ponts entre les différentes langues et cultures.

- une évaluation tournée vers un « droit à l’erreur » et les compétences réelles des élèves : reconnaitre aux élèves le droit de se tromper, évaluer plus précisément les élèves, délivrer avec le bac une certification par activité langagière.

- l’augmentation de l’exposition des élèves aux langues : proposer des cours de langues d’une durée plus courte mais plus régulièrement (par exemple des séances quotidiennes de 20-25 minutes au primaire, au lieu de deux de 45 minutes), favoriser la mobilité internationale des élèves et des enseignants...

- un meilleur accompagnement des enseignants : redonner une place à l’enseignement explicite des langues, construire un "programme lexical" national, repenser le recrutement et la formation des enseignants en langues. En effet, seuls 10% des professeurs du primaire sont issus de filières de langues étrangères. Les professeurs d'école qui doivent enseigner une langue vivante étrangère devraient être suffisamment préparés. Les auteurs du rapport suggère aussi de remettre en place au concours d'entrée de professeur des écoles une épreuve de langues, qui a été supprimée en 2007.


Source : (Cnesco 2019). Langue vivantes étrangères : comment l’école peut-elle mieux accompagner les élèves ?

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Monica LR

Monica LR

Animatrice de communautés et rédactrice web.
"Il ne suffit pas de parler, il faut parler juste." (W. Shakespeare)

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